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ALTERNITE

Debout devant l’évier, il l’attrappe aux poignets

Scratche sa tête en biais sur son taorsadé

Commence à balancer.

A droite, à gauche, les murs glissent en barauche

A gauche, à droite, sous l’adroite ébauche

Le plafond a versé.

Il se met à chanter 

Dans sa langue première

La mélopée à l’éternée 

Et puis en français alterné.

Le moment est parfait.

Elle a viré bébé sur le calendrier

A son torse scotchée, réengendrée.

Il chante sans compter

La cuisine est bercée.

Lumière

Eternité.

.
 

LIT

Main sauvage, regard suave
Où se baignent,
Paupières closes
Les amours prisonnières ?

Frénésie, muet babillage
Quels tourbillons,
Portes closes
Quels ponçages ?

Genoux à terre
Tous vents repris,
Langue des mers

Au dernier round
Les cœurs épris
A l’aveu n’osent.

Antre des pôles
Après le cri
Cheveux sans peigne

C’est mains en mains
Sur l’oreiller
Hors parallèle
Qu’ils causent,

Et qu’ils se mêlent
Lui et elle
Oui, qu’ils s’emmêlent
Et qu’ils se fondent
Hors parallèles.

.
 

MASSAGE RAGE SAGE

Etalé dans le lit, le lait coulé d’un lais de lumière sur le côté, il demande, sage, un massage. Par le filet de l’huile parfumée du gosier le plus secret de l’argousier, deux mains font, sans histoire, géographie.

Dos, livre ouvert sur les fumées encore huantes du passé, blessures à peine cousues des blocages aux rues, stops aux cheks points et nuits battues, des tortures infligées pour l’obliger à dénoncer, collaborer.

Il avait quinze années. Sur lui, ils ont versé, à bout de rage et de saccage, toutes les fioles, flacons, bouchons, bouteilles et colles, avec leurs emballages, d’une pharmacie dont ils ont arraché le nom. Il n’a jamais parlé.

Depuis, sa peau dit non, malgré consultations pour affections et champignons. Autant de fascicules minuscules où sont consignés, pour jamais, géants, hurlants, l’intrusion et le viol. L’occupation, la résistance.

Massage. Sans mal, deux mains tournent les pages endolories. En tout silence, refont la broderie.  

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.
 

DANSE

Tout commence par un point jeté par la musique. Un point d’aiguille suivi d’un fil. Une file de points qui défont le bâti des tensions de la ville.

Un filet d’énergie lancé autour du corps, multicolore, pour te lever. Le rythme mord la peau, tord le ventre en rondeur. Les cercles se dessinent, un par un, et s’enfilent. Ils changent de diamètre, modifient leur ellipse, en liesse se faufilent. Tête, bras, genoux, coudes, bassin, cou, à chacun son cerceau. En un clin d’oeil, des dizaines d’anneaux.

Vitesse. 

Te voici devenu spirale, couleurs, spirale, danseur, spirale, faiseur de pas, squale. Youp la la ! 

.
 

PHOTO

C’est une émotion, une impatience

                 

Un manque, un creux, une lance

Qui tourne en mon centre 

Et mes pensées tourmente. 

Incontrôlé, 

Je vous regarde, figée 

Sur cette photo donnée. 

Comme à quinze années  

Jeunette, adolescente, 

Je vous contemple, 

Auréolée. 

Ah ! L’horreur de l’attraction ! 

Vous prend la répulsion 

De vous sentir piégé, 

Dolente, trop fasciné.  

.
 

FLAMME, BLAME, AME ET CAETERA

Aujourd’hui, à Paris,  c’est l’émerveillement.

Neige, glace et mousse sur la grâce des pousses.

Le rose des arbres en fleurs sous le blanc éclatant. Hiver et printemps gloussent, se fichent des passants. Enlacés sans pudeur, ils brâment leur bonheur à la face des gens.

Giboulées, averses et percées fines. Frissons glaçons et rayons polissons. Déshabillés de pluie, nuages travestis, perles glacières et plages aux cieux, glissières, creux de lumière, collies de gouttes d’eau en rangs irrégulières, ce tralala de folies en sautoir pour un soleil au pieu bandé en étendard…. 

Trêve d’envolée. Pendant ce temps, les hommes très occupés. Trois mille policiers, des blindés, deux bateaux, des motos, des cordons sanitaires et un hélicoptère. On cesse de rigoler. La dame d’Olympie est en francophonie, endimanchée en  parti-pris et demi-dits. Protocole d’Etat à l’endroit du symbole.

Et à l’envers ? Les terre-contre-terre, Reporters sans barrières et moines réfractaires. Flamme et blâme frités sans états d’âme sur le nom du Tibet. 

Printemps frotté d’hiver, soleil levant sur les bannières, aujourd’hui, à Paris, un moment de prière.

.
 

EJACULATION

Gronde profondeur du monde

Il semble que tout se confonde.

Le regard en arrière n’apporte que poussière

Des années travaillées, de l’effort mesuré

Squelettes, os et petit gravier

Ressorts usés dessous les oreillers

Demi têtes rapetassées.

Sur quel lit pèses-tu corps nu

Désabusé ?

L’époque est moribonde

Classée publicité.

Sa jeunesse, canard sans fêtes,

Promène ses bouledogues

Aux boulevards de la drogue

Amaigris de demains

Sans tanières

Mémoires pliées, coeurs zappés.

Ridée, la rivière

Perd son chemin

Ecarquille ses yeux

Les jours emportant sa lumière.

Gronde ô profondeur du monde

Bientôt, un volcan monstrueux

Fera sauter la bonde

Maculera la terre.

.
 

Optimystique

Le verre à moitié vide ? Non ! Le verre à moitié plein ? Non ! Le verre plein jusqu’à la moitié. Tu retiens hein ? .

.
 

MAITRE B.

De vous, je n’ai encore que la voix.
Demain, le corps l’enveloppera.
Qu’une voix vous pénètre à ce point !

Voix d’avocat, c’est certain !

Que vous sembliez, à mon su, me capter, captiver

A ce point !

Trop convaincu pour être honnête ?

Votre combat est juste.
La journaliste écrit pour deux

Peut-être ?
Un peu plus loin

La femme veille et s’émerveille

Plus loin encore,

Près du maître

Se remémore.

La vie est une amphore.

Tiens les deux anses,

N’en lâche aucune,

Sinon tu penses et tout s’épanche.

Tu étais une.

Perdu ! Te voilà deux.
Tu penches…

.
 

METRO

Montée à Victor Hugo,  Vous à l’Etoile, 

Assis en vis à vis Vous me plaisiez. 

Rare saveur  de contempler 

Les longs zéros des minutes étales. 

Votre costume 

Comme de bal, 

Votre lecture 

D’homme troublé. 

Quatre demi secondes 

Nos regards fichés, l’un dans l’autre 

Enroulés. 

Lancer de sonde 

Sourire apôtre, début de toile 

Et puis,  Tout pris  par cœur, 

Métro Villiers 

J’ai dû filer. 

.
 
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